KHALIL EL MESSAADI déclare: Aherdane ment dans ses memoires

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KHALIL EL MESSAADI déclare: Aherdane ment dans ses memoires

Message par hooliguns le Mer Mar 04, 2015 12:48 pm

KHALIL EL MESSAADI : Mahjoubi Aherdane n'a été ni résistant ni fondateur du MP



Khalil El Messaadi, 58 ans, architecte, fils unique de Abbas El Messaadi, réagit dans cet entretien aux contre vérités historiques de Mahjoubi Aherdane que celui-ci raconte dans ses mémoires. Il tient à préciser que M. Aherdane n’a jamais fait partie de l’Armée de libération fondée par Abbas El Messaadi et Docteur Abdelkrim El Khatib. Khalil El Messaadi revient également sur l’assassinat odieux de son père, le 27 juin 1956.

recueillis par Aissa Amourag

Maroc Hebdo: Dans son dernier livre-mémoires, Mahjoubi Aherdane affirme avoir fait partie de l’Armée de libération, que votre père, Abbas El Messaâdi, avait dirigée pendant les années 50. Mais apparemment vous contestez cela?
Khalil El Messaâdi: Non seulement je le conteste, mais je le démens catégoriquement. Mahjoubi Aherdane n’a jamais fait partie de l’Armée de libération. Il n’a jamais été un résistant non plus. M. Aherdane est un militaire de formation. Après son admission, à un âge avancé, à l’École militaire de Meknès, il a été recruté par l’armée française, avec laquelle il a combattu pendant la Deuxième Guerre mondiale.
À son retour, il fut nommé Caïd à Oulmès.

Comment a-t-il connu votre père alors?
Khalil El Messaâdi: Il l’a connu au début des années 40, au moment où mon père s’est installé avec sa famille à Moulay Bouazza, dans le Moyen-Atlas, après avoir quitté sa région natale, Tazzarine Aït Atta.

Mahjoubi Aherdane affirme avoir été très proche de Abbas El Messaâdi, et même son compagnon de route, au même titre que le Docteur Abdelkrim El Khatib…
Khalil El Messaâdi: Mon père a rejoint Casablanca au tout début des années 50, plus précisément le domicile du grand résistant Brahim Roudani, qui l’avait chargé de diriger son usine. Entré dans la Résistance, mon père a perdu tout contact avec Mahjoubi Aherdane. En revanche, le docteur Abdelkrim El Khatib, lui, était un homme très proche de Abbas El Messaâdi.
D’ailleurs, l’Armée de libération doit son existence au docteur El Khatib et mon père. Ce sont eux qui ramenaient les armes d’Egypte pour combattre la colonisation.

Mahjoubi Aherdane n’était-il pas parmi les fondateurs du parti du Mouvement populaire?

Khalil El Messaâdi: Absolument pas. Il n’était pas parmi les fondateurs du parti du Mouvement populaire. La création de cette formation politique en 1958, est l’oeuvre de l’illustre résistant Lahcen Lyoussi et de Mbarek El Bekkaï, ex-Premier ministre de Mohammed V. Ils ont été rejoints par la suite, par d’autres chefs de l’Armée de libération, notamment du Moyen-Atlas et du Rif. On peut citer, entre autres, le fils de Haj Ammar Riffi, Mohamed; Miloud El Caïd; Chouaïb El Gharnati; Abdallah Zahrat; Mohamed Allal. L’objectif de cette formation était de contrecarrer la mainmise du Parti de l’Istiqlal sur le pays, précisément après l’assassinat de mon père, en 1956.

Mahjoubi Aherdane n’était donc pas parmi les fondateurs, et M. El Khatib y était-il ?

Khalil El Messaâdi: Non, M. El Khatib n’était pas à la création.  Mais les fondateurs du Mouvement populaire, des visionnaires tels que le grand résistant Lahcen Lyoussi et Mbarek El Bekkaï, ont eu la judicieuse idée de le placer à la tête du parti du Mouvement Populaire. C’était un jeune médecin, bien formé, pouvant animer le parti et jouissant d’une grande légitimité pour avoir mené la lutte armée contre la colonisation. Mahjoubi Aherdane, lui, a rejoint le parti bien plus tard.

Toujours dans son livre, Mahjoubi Aherdane soutient que l’assassinat de Abbas El Messaâdi a été commandité par Bensaïd Aït Idder. Etes-vous d’accord?
Khalil El Messaâdi: Bensaïd Aït Idder a une responsabilité dans cet assassinant, mais les principaux commanditaires étaient, sans aucun doute, Mehdi Ben Barka et Fqih Basri. Les meurtriers de mon père avaient cité leurs noms devant les enquêteurs. C’était Hassan II, à l’époque Prince héritier, qui dirigeait lui-même l’enquête, sur ordre de son père, S.M. Mohammed V.

Racontez-nous un peu les circonstances de cet assassinat…

Khalil El Messaâdi: Mon père a été assassiné le 27 juin 1956, à Fès. Alors qu’il entrait dans un garage pour monter dans sa voiture, il a été interpellé par trois individus armés, qui l’ont abattu après qu’il ait refusé de les suivre. Ils lui avaient dit qu’il était convoqué pour une réunion d’une extrême urgence avec Mehdi Ben Barka.  

Pourquoi Mehdi Ben Barka et Fqih Basri n’ont-ils pas été traduits devant la justice puisque leurs noms ont été cités pendant l’enquête?
Khalil El Messaâdi: Parce que le Parti de l’Istiqlal était une force politique importante à l’époque. De peur de provoquer des troubles à l’ordre public alors que la situation était déjà tendue, le Palais a préféré ne pas les traduire devant la justice.

Bensaïd Aït Idder soutient, de son côté, que c’est le Palais qui a fait assassiner Abbas El Messaâdi. Que répondez-vous à cela?
Khalil El Messaâdi: Feu S.M. Mohammed V aimait beaucoup mon père et je ne vois pas pourquoi il aurait voulu le tuer. Au contraire, S.M. Mohammed V avait besoin de l’Armée de libération et du Mouvement populaire pour contrebalancer le poids de l’Istiqlal. J’ai en ma possession une lettre historique envoyée par mon père à S.M. Mohammed V, dans laquelle il réaffirme son attachement au Trône alaouite. Abbas El Messaâdi y développe aussi la nécessité de renforcer l’Armée de libération pour protéger le pays et la monarchie contre l’hégémonie du Parti de l’Istiqlal.

Allal El Fassi était-il au courant du projet d’assassinat de votre père?

Khalil El Messaâdi: Je ne le pense pas. Allal El Fassi, de même que Ahmed Balafrej, ne participaient pas aux réunions du Comité central de l’Istiqlal, qui avaient pour objet la discussion du projet d’enlèvement de Abbas El Messaâdi. Ces réunions étaient plutôt présidées par Mehdi Ben Barka.

Comment est née l’Armée de libération?

Khalil El Messaâdi: Après avoir été membre du Parti de l’Istiqlal, mon père a compris que ce parti avait une culture hégémonique et que son emprise sur le pays était dangereuse pour la monarchie et le pays. Il a alors quitté l’Istiqlal, au début des années 50, pour rejoindre l’Armée de libération. Celle-ci a vu le jour grâce à des patriotes et des nationalistes qui voulaient en finir avec la colonisation française et espagnole.
Onze personnes ont participé à la création de cette armée et avaient assuré sa direction. Outre mon père, il y avait Abdelkrim El Khatib, Abdellah Senhaji et Benaboud.

maroc hebdo press

hooliguns

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